L’idée d’aller grimper à Ikaria trottait depuis quelques temps dans ma tête. J’attendais de trouver quelqu’un pour m’accompagner. Certaines rencontres modifient notre point de vue et c’est bien là le charme des rencontres. J’ai donc décidé en quelques jours de partir seul avec mon vélo pour aller faire du bloc à Ikaria.

La vue depuis le plateau de Agios Isidoros sur l’île de Naxos

Ikaria

Il s’agit d’une des îles de l’archipel des îles du Nord de la mer Égée dont Samos et Lesbos font partie. Longue d’environ 80 km, elle est réputée pour la longévité de ses habitants (la fameuse «zone bleue»). Deux origines sont proposées pour le nom de l’île. Il pourrait provenir du phénicien Ikor qui ferait référence à l’abondance de poissons se trouvant dans les eaux environnant Ikaria. L’interprétation la plus répandue est celle de la légende d’Icare, fils de Dédale, qui serait tombé dans les eaux proches de l’île lorsque les ailes qui lui avaient permis de s’échapper du labyrinthe fondirent car il s’était approché trop près du soleil.

Le trajet de mon périple

Avec 12 habitants au kilomètre carré, soit environ 8000 habitants pour l’île, autant dire que c’est le désert !

Sur la piste entre Magganitis et Karkinagri

Les déplacements

Je suis parti en bateau de Kalymnos. Il y a trois navettes par semaine et le trajet prend 2h30.

Mes déplacement se sont fait en vélo. J’avais initialement prévu de partir avec le crash-pad (c’est un gros !) sur le dos et un sac plus ou moins bien fixé sur le vélo. L’idée avait du charme ! Mais cela n’aurait pas été le même périple ! En discutant avec Saskia et Jozen de mon projet de petit voyage, ils m’ont adorablement proposé de me prêter la chariote qu’ils utilisaient pour leur fille Léoni. C’est la première fois que je me servais d’une remorque et j’ai adoré le côté ultra fonctionnel et passe-partout de cet engin.

La monture

J’avais quelques appréhensions quant au poids de l’ensemble de l’équipement :

  • la remorque : environ 12 kg
  • le crash-pad : 8 kg
  • un sac de 90 l avec tout ce qu’il faut pour dormir et manger : autour de 20 kg

Donc environ 40 kg en plus, attaché au vélo.

Mon itinéraire est jalonné par les différents secteurs de blocs de l’île. Ils se trouvent tous dans la partie ouest d’Ikaria. Il y a  9 secteurs. J’en ai visité 4 en restant 3 jours sur le secteur d’Agios Isidoros, le plus important par le nombre de passages proposés avec Magganitis.

Le premier bivouac

Toutes les routes ne sont pas goudronnées sur Ikaria, j’ai utilisé quelques chemins. L’un d’eux était inévitable pour ne pas avoir à faire un énorme détour pour rejoindre Karkinagri depuis Magganitis (voir la carte). Une piste de 15 km avec un passage «pas facile» ! J’avais été prévenu la veille en discutant avec un local dans une petite taverne. Il m’a fallut tracter la remorque à la main sur 700 m et une pente autour de 20% sur un chemin passablement défoncé ! J’ai dû mettre 45 minutes et pas mal d’énergie ! Avec le vélo seul, je n’ai pas réussi a monté certains passages de cette section que j’ai donc fait en poussant le vélo. Une histoire un peu similaire s’est passée à l’approche d’Agios Isidoros mais en bien moins long.

Le fameux passage bien physique ! Mais quelle ambiance !!

Voila pour la partie aventure. Ce bout de piste entre Magganitis et Karkinagri est exceptionnel ! Il est en belvédère a environ 200 m au-dessus de la mer : magique ! Le tout dans un environnement aux milles odeurs. Le trajet entre Isidoros et Pigi est lui aussi splendide, sur des pistes sillonnant au milieu de l’île au travers de forêts de pins et de chênes.

La plage de Trapalo, entre Magganitis et Karkinagri

Du point de vue de la «circulation», j’ai été bien pénard ! En gros il n’y a personne ! Je n’ai donc pas croisé grand monde d’autant plus que je me trouvais dans des endroits assez reculés.

Acrotiri, un secteur au bout de l’île. J’y suis passé mais je n’y ai pas grimpé !

J’ai parcouru environ 110 km pour une dénivellation positive autour de 3000 m. Ce n’est pas tout plat !

L’hôtel et le restaurant

J’ai fait l’acquisition d’un hamac. J’ai toujours été sceptique sur le confort que cela peut procurer. J’ai rarement aussi bien dormi ! Un petit bémol, l’erreur du débutant. J’ai passé 3 jours entre 700 et 800 m d’altitude et il y a eu pas mal de vent. J’ai donc eu un peu froid au dos (et surtout au cul !) au point de dormir par terre au milieu de la troisième nuit (j’avais emmené un tapis de sol).

J’ai adoré avoir à chercher l’emplacement convenable pour installé le hamac.

Chambre avec vue… bon il y a eu aussi de bons moments avec du vent enveloppé par les nuages

Pour la restauration, j’ai misé sur les pâtes et du riz. Pour accompagné, j’avais emporté du tahin, deux citrons et un peu de sauce soja. Je ne faisais qu’un repas par jour avec environ 300 grammes de pâtes ou de riz. Cela a plutôt bien fonctionné même avec l’effort bien physique que représente le vélo et le tractage de la remorque. Je n’ai pas fait non plus d’énormes distances. Cette petite expérience fut instructive. Ne manger qu’une fois par jour est déjà le rythme que je pratique quotidiennement. Même si mon organisme (et ma tête) est préparé à cela je ne savais pas ce que cela donnerait avec un effort d’endurance. La conclusion est que je mange quotidiennement plus qu’il ne m’est nécessaire.

Un miroir à selfie !! Ils ont le sens du tourisme à Ikaria !

Pour terminer mon tour et donc bouclé la boucle, je suis passé par Pigi, hameau où se trouve une domaine viticole (http://www.ikarianwine.gr/) qui m’a été conseillé par le rédacteur du topo et confirmé par le local rencontré à Magganitis. J’y vais dans l’idée de faire une dégustation et je suis invité à mangé avec Georges le propriétaire et sa femme Eleni. Ils font aussi chambre d’hôtes et nous mangeons en compagnie de 2 couples d’anglais hébergés sur place. Le repas est délicieux… et là j’ai beaucoup trop mangé ! Les vins sont excellents. Je ramène 4 bouteilles pour partager avec mes amis de Kalymnos.

Le bivouac du dernier soir…

La grimpe

La grimpe se fait sur du granite. Autant dire que ça adhère ! Sur le secteur de Magganitis, le granite est rose avec des taffoni* ! Ikaria n’a rien à envier à la Corse !

*Taffoni (ou tafoni, mot corse, pluriel de tafone) désigne en géomorphologie une forme en creux arrondie, de plusieurs décimètres à plusieurs mètres de diamètre, creusée par l’érosion alvéolaire.

À Karkinagri

À Agios Isidoros, secteur Lucky Luke

Une petite vidéo et la galerie de photos pour conclure.

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