Je vais vous raconter l’histoire d’un petit film autour de mon activité de bivouac en paroi. Elle prend naissance pendant l’été 2015, alors que je passe la saison en encadrement dans les Gorges du Verdon.

Les participants : Alice, Amandine, Alex, Victor, Pat, Renaud, Fred

Alex et Victor dans Chlorochose

Alex et Victor, deux intermittents du spectacle dans le cinéma, sont de passage dans les Gorges du Verdon. Ce sont des grimpeurs habitant en région parisienne, qui souhaitent être initiés à la grande voie. Il passe par la maison des guides du Verdon où je travaille et c’est avec moi qu’ils font leur première grande voie, Chlorochose au belvédère de la Carelle sur la paroi de l’Escales. D’autre suivront pendant leur séjour dans le Verdon :  Adieu Zidane et les Montagnes Russes

Victor dans les Montagnes russes

L’hiver passe et Victor m’appelle pour me parler de ses idées de scénarios. En Mars je me rends à Paris pour le rencontrer et établir le planning les différentes actions à mener pour organiser la réalisation du film. Victor est du métier et sait où il va. Il faut trouver des acteurs, un portaledge (je n’en ai qu’un), un lieu pour charger les batteries des caméras et effectuer les back-up de prises de vues. Victor empreinte à son cousin un drone et s’initie à son maniement. Pour le matos vidéo, c’est la grande classe. Victor a récupéré un jeu d’objectifs pour sa caméra Sony PXW-FS7 (c’est du matos de pro, capteur 35mm 4k).En contrepartie de ma prestation d’encadrement, ils me proposent de réaliser une vidéo autour de mon activité de bivouac en paroi. Je suis emballé par cette idée excellente. Je n’avais même pas envisagé de faire un film pour présenter cette activité. De plus j’apprécie le principe d’être dans un échange direct de prestation, sans passer par l’intermédiaire monétaire.

Les Gorges du Verdon sont le lieu de tournage. J’ai repéré les lieux et installé mon portaledge pendant l’été précédent. Le belvédère de la Carelle dans le secteur Pichenibule se prètent très bien à l’installation des portaledges : belle verticalité, vue incroyable sur le Verdon et à 100 mètre du parking tout en étant caché du belvédère. Nous fixons 4 jours du 15 au 18 mai pour réaliser le tournage. C’est quitte ou double pour la météo mais c’est notre seule fenêtre!

Jusqu’au dernier moment nous sommes 3 «acteurs» : Alice, Alex et moi. J’arrive sur place avec une journée d’avance pour récupérer les clés de la cave de Pat, moniteur d’escalade avec qui j’ai travaillé l’été précédent à la maison des Guides du Verdon. Je passe prendre une Chimay à Lou Cafetier, l’emblématique bar de La Palud, et je vois Amandine que j’ai croisé tout l’été passé. Elle était serveuse dans le bar et j’étais buveur de Chimay (bleue) ! Je lui demande si elle est intéressée et disponible par une aventure cinématographique atypique, sans faire de promesse sur l’envolée de sa réputation internationale. Elle trouve l’idée originale et n’étant jamais montée sur un portaledge accepte volontiers la proposition.

Amandine, notre actrice de dernière minute, et Alex

La météo est tout à fait acceptable : il ne pleut pas mais il y a beaucoup de vent. Cela nécessite d’amarrer correctement les portaledges. Leur montage est réalisé en haut de la falaise et je les descends un par un, attaché au baudrier. L’an dernier, j’ai effectué le montage en pleine paroi. J’ai passé plus d’une heure pour le montage, ce fut un gros tricot ! Là, en 20 minutes s’est plié…déplié ! Le haubanage a pris un peu temps en plus.

Il y a «un peu» de vent ! Le portaledge se transforme en deltaplane.

À l’oeuvre, pour l’installation du 5ème acteur de ce film

Les prises de vue sur les portaledges sont effectuées en une nuit : au couché puis au levé du soleil. Cela laisse peu de temps pour dormir.

Victor en action

Victor saute de corde en corde !

Les prises de vue de la marche d’approche et du début de voie se font en une matinée.

Paisiblement installé… à 300 m du sol.

Un aventure cocasse se déroule lors des séquences avec le drone filmant le van. Plusieurs plans sont nécessaires pour caler le mouvement du van et celui du drone. Alors que nous avons terminé avec le van, Victor envoie le drone au milieu des gorges (à environ 300 mètres) pour avoir une vue d’ensemble et s’amuser un peu. Il le fait bien descendre ! Les batteries touchent à la fin et il demande à Alex de lui indiquer régulièrement le niveau. Alors qu’il reste à peine 10 %, Victor fait revenir le drone. On ne comprend pas pourquoi il le ramène aussi lentement ?? S’il n’y a pas de vent là où nous sommes placés, ce n’est certainement pas le cas au milieu de la gorge ! Le drone remonte péniblement et se dirige tout aussi lentement vers la route pour atterrir. La tension est palpable, il y a environ 300 mètres de profondeur et le drone, onéreux, n’appartient pas à Victor. Alors qu’il reste 3 mètres pour atteindre la route, le drone s’arrête et tombe comme une pierre ! Il est «attrapé» par un buis placé à porté de main. 2 mètres avant, il faisait une chute interminable, 2 mètres après il s’écrasait sur le bitume. Un petit miracle.

L’aventure autour du film, pour moi, s’arrête là. Victor ramène à Paris environ 3 heures de rush à monter. Il réalise le montage avec un ami à lui, Renaud, qui à une boite de prod qui s’appelle ketchupmayonnaise (http://ketchupmayonnaise.fr/). Ils y passent 3 jours !

La musique choisit pour l’accompagnement est du groupe Cvantez sur l’album Yvettela Musipontaine. Le morceau s’apelle L’aine et la nuque.

Vous pouvez voir sur mon site (www.altivouac.com) mes différentes propositions d’encadrement et profiter des photos qui l’émaillent.

Et maintenant, place au film : 

Je remercie toute les personnes qui ont participé à la mise en oeuvre de cette vidéo. Cette petite histoire m’a permis de rencontrer des personnes remarquables et m’ont immergé pendant quelques instants dans leur univers professionnel.